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Dans la chambre d’appel, le silence était d’ouate. Dougherty s’était adossé au mur et faisait des étirements. Mykio assistait à ces gesticulations. Le grand blond taillé en triangle tenait un pied qu’il ramenait en arrière et tirait vers le haut, puis il faisait la même chose avec l’autre pied. Ces gestes naturels chez d’autres athlètes frisaient l’exhibitionnisme chez Dougherty en raison peut-être de son extrême blondeur et de ses gestes très appliqués. En face de lui, Mykio se demanda comment les Occidentaux, comme ce blond, parvenaient à se mettre en condition en maniant seulement leurs muscles, leurs ligaments et leurs articulations. Ceci l’amena à se placer dans la meilleure position pour stimuler ses forces vitales. Il s’immobilisa, les deux mains à hauteur du plexus solaire, les paumes tournées devant la poitrine et il récita lentement Ar mi Tuo Fuao, Ar Tuo Fuo… en ne voyant qu’une lumière violette qui irradiait son plexus solaire. Puis, tandis que tous les visages de la chambre d’appel étaient tournés vers lui, il interrompit son mantra et fit quelques respirations profondes en se concentrant. Il puisait dans ce va et vient du souffle la force de son énergie.
- Qu’est-ce que tu fais ? lui demanda un des nageurs.
- Je prend pleine conscience de ma respiration, répondit Mykio qui ajouta que c’était sa soutra pour chasser la dispersion et ramener tout son esprit sur son corps.
- Ah bon, dit le gars en balançant ses bras.
Mykio lui sourit ainsi qu’à tous ses concurrents.
Les deux portes de la chambre d’appel s’ouvrirent sur le stade, laissant s’engouffrer le brouhaha du public.
- Hoa, hao ! fit Mykio pour remercier l’univers.
Et il sortit radieux sans se soucier de ses adversaires qui s’étaient mis à le regarder d’une drôle de façon.
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