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Mykio… fut invité à raconter sa vie brièvement. Le Saint Homme se remémora une fresque au Potala montrant la population de Lhassa en fête qui se baignait dans la rivière pour célébrer la construction du palais. Mykio précisa les caractéristiques extraordinaires de son lac situé dans le bas Tibet de l’Est tibétain. Le Saint Homme lui demanda comment il se préparait pour une course.
– Je m’assois, si possible au bord de la piscine ou pas trop loin, et j’attends mon tour. S’il existe une chambre d’appel, j’y reste le plus longtemps possible. J’écoute ma respiration et fixe l’horloge murale. Peu à peu, je suis libéré de l’environnement. Je me projette dans la course en essayant de la visualiser le plus précisément possible. Je tente de m’approcher du bassin dans cet état. Je m’efforce d’ignorer les multiples souffrances psychologiques créées par l’environnement avant le départ : la peur, les haut-parleurs, le compte à rebours, tout ce qui me sépare de la course. Les sept nageurs autour de moi souffrent de cette manière. Puis survient la douleur physique pendant l’épreuve. Ma course est simple : je jauge, je me cale sur les nageurs de tête et je tente de transcender la course sur la dernière longueur.
Le Saint Homme lui sourit gravement.
– Compte tenu de ce qui vient de se passer entre la Chine Populaire et moi-même, je te demande personnellement de nager sous les couleurs chinoises… T’en sens-tu capable ?
– J’ai peur de ne pas être le meilleur candidat, votre Sainteté. Je risque d’être conduit par la colère au moment de plonger et de faire de piètres performances.
– Dans ce cas tu soumettras ta colère en y mettant tout ton cœur et tu verras, tout ira bien.
– Je vous obéirai, mais il faut avant tout que la Chine retrouve mes parents.
– Tes parents ?… Que s’est-il passé ?
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