Périls

- Le peuple est furieux, camarade Wang. Les services de renseignement font état d’appels réclamant votre démission, indiquait Liang Chaohua. Ces Jeux sèment le trouble dans l’esprit des gens. Ils sont nombreux à se croire tout permis en raison de la profusion d’étrangers et de journalistes.
-  Nous allons tous couler avec votre Dara, camarade Président ! prédit le vieux procureur Chen.
- La ville est encombrée d’une meute de gens surexcités. Nos unités de sécurité reconnaissent qu’elles n’ont guère le contrôle de la situation. Difficile pour elles d’agir. On leur a donné l’ordre de sourire et de n’embêter personne.
- Des employés de l’ambassade des Etats-Unis vont traîner sur le site olympique. Ils ont des contacts avec notre encadrement sportif et avec la Fédération des étudiants sportifs, qui est un vecteur que les Etats-Unis utilisent contre la Patrie. Ces déchets de la nation ont une antenne active à New York, qui fait du lobbying auprès des médias américains.
- Il devient de plus en plus clair que le chaos s’installe...
Wang Lanqing, avachi dans son fauteuil, ne soufflait mot.

Il veilla tard cette nuit là, en compagnie de son vieux serviteur Xun.
- Si ce garçon perd demain son cent mètres, je ne sais pas ce qui se passera, Xun, professa-t-il en rallumant son cigare….

….

Dans la longue Hongqi, Wang Lanqing ne disait mot. La course à laquelle il allait assister était un quitte ou double, ce qui ne lui plaisait pas. Il avait assez bataillé sa vie durant pour aspirer maintenant à l’exercice paisible du pouvoir. Il reçut fraîchement l’appel de sa petite Wang Shan qui lui expliqua qu’il y avait des difficultés avec Mykio. Elle ne savait pas encore quoi, mais elle voulait le prévenir.
- Va-t-il gagner ? demanda-t-il.
- La question est de savoir s’il va nager, papa.
- Non, petite Shan, la question est de savoir s’il va être victorieux. S’il ne gagne pas, je rentre !
- Mais nous n’en sommes pas là, papa !
- Je me déplace pour voir triompher le nouveau héros du Peuple !
- Eh bien rentre !